Dien Chan
 
 
 
 

Quelle Richesse ? !

Histoires de sagesse pour vivre ... mieux

Recueilli, traduit , rédigé par Le Yen ZYS

***

Comment vivre heureux ?

daida
Trois personnes, très tristes, viennent voir un sage pour lui demander comment faire pour vivre heureux.
— D'abord, pouvez-vous me dire pourquoi vivez-vous ? répond le sage.
Le premier dit :
— Parce que je ne veux pas mourir, donc je vis.
Le deuxième dit :
— Parce que je veux savoir si demain sera meilleur qu'aujourd'hui, donc je vis.
Le troisième dit :
— Parce que je dois nourrir une famille. Je ne peux pas mourir, donc je vis.
Le sage hoche la tête en disant:
— C'est bien sûr que vous ne pouvez pas vivre heureux, car vous vivez dans la peur, dans l'attente, dans la responsabilité obligatoire, mais pas pour l'amour de la vie. ***

daida

Trois questions : Quand ? QUI ? Quoi ?


Un jour, un empereur apprend que s'il connaissait la réponse à trois questions difficiles, il ne pourrait jamais échouer dans tous les domaines.
Ces trois questions sont les suivantes :
1 - Quel est le meilleur moment pour agir ?
2 - Quelle est la personne la plus importante, à qui je dois faire le plus attention ?
3 - Quelle est la meilleure chose à faire ?
L'empereur publie un décret annonçant à travers son royaume que celui qui pourrait répondre aux questions recevrait une grande récompense. Nombreux sont ceux qui ont lu le décret et pris le chemin du palais mais chaque personne avait une réponse différente et l'empereur n'était pas satisfait de ces réponses : aucune ré-compense n'a été donnée.
Après plusieurs nuits de réflexion, l'empereur décide de rendre visite à un ermite qui vivait sur la montagne. L'empereur voulait lui poser les trois questions, mais il savait que l'ermite n'avait jamais quitté la montagne et qu'il ne recevait que les pauvres. Alors l'empereur s'est déguisé en simple paysan et a ordonné à sa suite de l'attendre, au pied de la montagne, tandis qu'il grimperait seul la pente qui le conduira à l'ermite.
En atteignant l'habitation du saint homme, l'empereur voit l'ermite piocher la terre d'un jardin en face de sa hutte. Quand l'ermite voit l'étranger, il hoche la tête pour le saluer et continue à piocher. Le travail est évi-demment difficile pour lui. C'était un vieil homme, et chaque fois qu'il pousse la pioche dans la terre, il sou-pire fortement.
L'empereur s'approche de lui et lui pose les trois questions essentielles.
L'ermite écoute attentivement, mais il tapote seulement l'épaule de l'empereur et continue à piocher. L'em-pereur lui dit :
— Vous devez être fatigué. Laissez-moi vous donner un coup de main.
L'ermite le remercie, remet sa pioche à l'empereur, puis s'assied sur le sol pour se reposer.
Après avoir pioché deux lignes, l'empereur s'arrête, se tourne vers l'ermite et répète ses trois questions. L'er-mite ne répond toujours pas, mais se lève, reprend la pioche et lui dit :
— Maintenant vous êtes fatigué. A mon tour je peux recommencer.
Mais l'empereur continue à piocher.
Une heure passe, puis deux. Enfin, le soleil passe derrière la montagne. L'empereur repose la pioche et dit à l'ermite : — Je suis venu ici pour vous demander si vous pouviez répondre à mes trois questions. Mais si vous ne pouvez pas me donner de réponse, s'il vous plaît, dites-le moi, afin que je puisse rentrer à la mai-son.
L'ermite lève la tête et demande à l'empereur :
— Pouvez-vous voir quelqu'un courir là-bas ?
L'empereur tourne la tête. Il voit un homme avec une longue barbe blanche sortir de la forêt. Il court fréné-tiquement, en appuyant ses mains contre une plaie sanglante au ventre. L'homme court vers l'empereur avant de tomber au sol, inconscient, où il gémit.
L'empereur et l'ermite déshabillent l'homme et voient que l'homme a reçu une blessure profonde. L'empe-reur nettoie la plaie à fond et utilise son propre vêtement pour panser. Il rince la chemise et bande la bles-sure une deuxième fois et continue de le faire jusqu'à ce que le sang cesse de couler.
Enfin, l'homme blessé reprend conscience et demande un verre d'eau. L'empereur court jusqu'à la source et ramène un pichet d'eau fraîche. Pendant ce temps, le soleil a disparu, et l'air de la nuit commence à rafraî-chir. L'ermite et l'empereur amènent l'homme dans la hutte et le mettent sur le lit de l'ermite. L'homme ferme les yeux et se repose tranquillement.
L'empereur est fatigué par la longue journée d'escalade de la montagne et de piochage. Adossé à la porte, il s'endort.
A son réveil, il a oublié où il est et ce qu'il vient faire ici.
Il regarde sur le lit et voit l'homme blessé qui regarde également autour de lui. Quand celui-ci voit l'empe-reur, il le regarde attentivement et lui dit alors dans un léger murmure,
— S'il vous plaît, pardonnez-moi.
— Mais qu'avez vous fait que je doive vous pardonner ? demande l'empereur.
— Vous ne me connaissez pas, votre majesté, mais moi je sais qui vous êtes. J'étais votre ennemi, et j'avais juré de me venger de vous, car pendant la dernière guerre, vous avez tué mon frère et saisi mes biens. Lorsque j'ai appris que vous étiez seul dans la montagne pour rencontrer l'ermite, j'ai décidé de vous sur-prendre sur votre chemin de retour pour vous tuer.
Après un long moment, ne voyant aucun signe de vous, j'ai quitté mon embuscade pour vous chercher. Mais au lieu de vous trouver, je suis tombé sur vos accompagnateurs, qui m'ont reconnu, et m'ont fait cette blessure. Heureusement, je me suis enfui et j'ai couru ici. Si je ne vous avais pas rencontré, je serais sûre-ment mort. J'avais l'intention de vous tuer, mais vous m'avez sauvé la vie ! J'ai honte et je regrette beau-coup. Si je survis, je m'engage à être votre serviteur pour le reste de ma vie, de même que mes enfants et pe-tits-enfants. S'il vous plaît, pardonnez-moi.
L'empereur est ravi de voir qu'il était si facile de se réconcilier avec un ancien ennemi. Il pardonne à l'homme, promet de restituer tous ses biens, et lui fait envoyer son propre médecin.
L'empereur veut ensuite revoir l'ermite. Avant de retourner au palais, il veut répéter ses trois questions, une dernière fois. Il trouve l'ermite en train de semer des graines dans la terre qu'ils ont piochée la veille.
L'ermite se lève et se penche vers l'empereur.
— Mais vos questions ont eu des réponses.
— Comment ça? demande l'empereur, perplexe.
— Hier, si vous n'aviez pas pris pitié de mon âge et ne m'aviez pas donner un coup de main à pio-cher, vous auriez été attaqué par cet homme sur le chemin du retour. Ensuite, vous auriez profondément re-gretté de ne pas être resté avec moi. Le temps le plus important est le temps où vous piochiez la terre, la personne la plus importante a été moi-même, et le travail le plus important a été de m'aider.
Plus tard, lorsque le blessé a couru ici, le plus important était le temps que vous avez passé à soigner sa bles-sure, car si vous n'aviez pas pris soin de lui, il serait mort et vous auriez perdu la chance de vous réconcilier avec lui. De même, il était la personne la plus importante et la réalisation la plus importante a été de prendre soin de sa blessure.
Rappelez-vous que le seul moment important, c'est le temps présent. Le moment présent est la seule réalité dont nous avons la maîtrise. La personne la plus importante est toujours la personne avec qui vous êtes, qui est là devant vous, car qui sait avec qui vous aurez des relations à l'avenir. La chose la plus importante à faire est ce que vous êtes en train de faire pour la personne qui est en face de vous, pour son bonheur, car c'est le sens principal de la vie.
d'après Léon Tolstoï
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